An other scene of Korea
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In pursuit of exchange and dialogue throughout international Contemporary artistic creation, after “Another scene of Lebanon” in 2020, Odile Ouizeman is delighted to present four Korean artists of the same generation who were born in the 80’s and came to be immersed in Paris.
For the past 60 years, Korean minimalism and abstraction have resiliently composed Korean pictorial identity. Dansaekhwa: korean monochrome painting attracted the French public with its delicate and subtle aesthetics and entered the French Art scene in early 1970.
Since then, a new generation of korean artists arrived in France around ten years ago have taken part in the parisian artistic scene exploring the use of traditional materials and techniques in a panorama of mediums and contemporary practices.
Their work gradually parted ways with the korean school of painting that shaped the history of korean contemporary art. They now have abandoned the common visual language often preoccupied with a dominant aesthetics, in favor of reorienting humans to question the abundance of expression and potentiality of visual arts.
“Another scene of Korea” suggests a new vision for this artistic diversity of the work by allowing us to go back and forth between cultural attachment and contemporary researches. The exhibition explores the relationship between tangible and immaterial, also visible and impenetrable aspects through a language above all organic and spiritual.
The exhibition opens with the installation of Joowon Jo, whose work is a noticeable example of a bridge connecting the traditional roots and digital techniques. Thanks to the use of 3D modeling, associated with his colored ink paintings, the artist makes it possible to coexist a series of stepping stones.
In korean culture, when people go hiking in the mountains, they stack and balance stones in a small tower and make a wish. “The stepstones” offer paths through the illusion of a textured paper and lead our gaze into the heart of the image. The viewer can take any path offered to themselves as they are willing to.
Seunghwan Lee brings us to a controlled nature as defined and limited in a digital space. The mathematical science takes preponderant importance for this young artist who constantly questions the engaging relationships between humanity and our natural environment. Uncertainty no longer owns a place in this organic and algorithmic world which thus creates the illusion of chance.
Silent paintings of Jihee Han let us in her meditative harmony with nature. The artist arrived in Paris 12 years ago and refuses to depict the natural scenery itself; she explores and reunites various states of nature that are the stillness and the torment provided by nature to humanity. A blank space in her painting, therefore, plays the same role as that of the Korean traditional painting style “Minhwa.” Only a few shades of blue, black and white are needed to fulfil her desire to reunite water, mountain and ice in a space-time as static as rhythmic.
Therefore, “Another scene of Korea” brings the four artists together around a creative narration that derived as much from the contemplation of nature, at times, as from a contradictory approach to the human-nature relationship.
Lisa Lebel
Les ondes de couleurs, solo show de l’artiste Ko Song Hwa
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Exhibition text written for Les Ondes de couleurs, a solo exhibition by Ko Song Hwa presented by Art Salon de H, in Paris, in July 2022. Published on Korea.net
L’artiste coréenne Ko Song Hwa, arrivée en France il y a plus de 30 ans et membre de l’association SONAMU, présente une exposition du 4 au 10 juillet à Paris.
Sous le commissariat de Lee Haesook, fondatrice de la galerie Salon de H, l’exposition présente 40 œuvres dont les couleurs nous poussent à la méditation. Le trait artistique de Ko Song Hwa est indéniablement reconnaissable par la rigueur des lignes qui forment ensemble des ondes issues de la terre et du ciel. Sa ligne artistique se retrouve dans le mouvement Dansaekhwa traduit par « une seule couleur ». Ainsi, l’artiste s’intéresse au monochrome et explore dans ses toiles la vibration de la lumière sous une représentation minimaliste. Sur une épaisse couche de peinture, l’artiste vient méticuleusement répéter un même geste de grattement afin de faire apparaître une succession de lignes formant des cercles. On peut y voir une fine métaphore du cercle de vie qui nous suit tout au long de notre existence. Ces cercles n’ont ni commencement ni fin et nous entraînent avec eux dans un cycle infini.
C’est en contrôlant sa respiration, dans un entrainement de l’esprit, que l’artiste parvient à dominer son geste et y tracer ces lignes presque parfaites. Cette succession de lignes créée des ondes qui nous rappellent le mouvement des vagues de la mer et celles du vent. Ces ondes ne se croisent jamais, mais forment des figures géométriques dans la toile, interrompue par une ligne mystérieuse et multicolore. Cette ligne serait-elle l’interprétation de ces interruptions involontaires provoquées par la vie ? Des parenthèses teintées de joies et de peines que nous ne pouvons maîtriser.
Ces mouvements visuels jouent ainsi avec notre regard et nous baladent à travers une matière riche, soigneusement travaillée sur la toile. On trouve dans les peintures de Ko Song Hwa un geste fin, maîtrisé par l’étude de la calligraphie, qui donne aux œuvres toute leur délicatesse. Ses œuvres célèbrent avant tout les couleurs de la nature, joyeuses, issues de la vie, on peut y contempler le bleu du ciel ou celui de la mer, le vert des arbres ou le noir de la nuit.
Cette exposition est un bel hommage à la joie, un voyage poétique et méditatif à travers nos émotions.
Lisa Lebel
Focus sur Choi Youngung, artiste coréen à Paris
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Article écrit pour Korea.net
Choi Youngung, né en 1984, arrive à Paris à l’âge de 22 ans pour se consacrer à sa pratique artistique. Il expose en Corée du Sud, en France ou encore en Allemagne. Il engage depuis lors une réflexion introspective et met en résonance l’expression de ses émotions dans leur forme la plus abstraite et, avant tout, expérimentale. L’implication du corps est au centre de la démarche de l’artiste et ce n’est pas un hasard s’il pratique le Jiu-Jitsu brésilien. Pour certaines de ses œuvres, il n’hésite pas, dans un mouvement libérateur, à se jeter sur ses toiles afin de laisser la peinture s’y déposer. La performance devient ainsi pour Choi Youngung une nouvelle manière de laisser parler sa peinture. Le corps devient l’outil de sa pratique et engage un dialogue avec la matière. Il pose dès lors une réflexion sur l’importance du geste, non sans rappeler la démarche d’Yves Klein avec ses Anthropométries en 1960 qui utilisait des « pinceaux vivants ». Mais il ne serait pas tout à fait exact de résumer la pratique de Youngung à la seule peinture. Il cherche des réponses, explore, archive ses pensées et se sert d’ailleurs bien volontier du médium vidéo.
Ainsi dans les œuvres de Youngung on retient avant tout l’énergie et la vitalité. La traversée de la vie, l’expérience des moments vécus laissent sur l’artiste des traces qu’il exprime à travers des toiles colorées et marquées par l’abondance de pigments. L’espace est saturé par des gestes qui reviennent spontanément, des couches épaisses de peinture qui donnent volume et poids à la toile. Par ce volume, des jeux de contrastes se créent et perdent notre regard dans la profondeur des lignes. Petit à petit le vide se remplit d’émotions qui se superposent et se font faces. Mais, en s’éloignant peu à peu, le chaos des couleurs laisse apparaître une multitude de formes où le hasard ne semble plus avoir sa place. Youngung déchire, colle, brûle, sculpte la peinture, expérimente les techniques et libère la matière hors de ses limites. À travers ses œuvres il confronte la surface ; pour sa dernière série il vient d’abord appliquer la peinture sur du vinyle avant d’en déchirer quelques morceaux pour les coller ensuite à même la toile. Dans une autre série c’est au chalumeau que l’artiste vient modifier l’aspect de sa peinture. Brûlée celle-ci devient fluide et offre un effet organique tout à fait singulier.
Choi Youngung, dont la pratique ne cesse d’évoluer, décline, à travers ses toiles, une palette vibrante du sombre au clair, des pastels aux nuances de bleu, de rouge, de vert dans une quête permanente de sa propre identité picturale.
Youngung explore avant tout les limites de sa créativité et cherche sans cesse à se réinventer. Dans son atelier les séries de toiles se suivent mais ne se ressemblent pas. Il s’inspire des grands noms de l’histoire de l’art comme de ses voisins d’ateliers, mais surtout du monde qui l’entoure et qu’il cherche à comprendre.
Il est possible d’aller visiter son atelier aux Arches d’Issy-les-Moulineaux qui réunit des artistes coréens et français.
Lisa Lebel
Hyun Joo Hong
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Texte d’artiste pour la publication du catalogue 2022 de l’Association des artistes Sonamu
Diplômée des Beaux-Arts de l’université de Dongguk à Séoul, Hyun Joo Hong est une artiste peintre et graveur arrivée en France en 1989.
Il y a dans le langage artistique de Hyun Joo l’expression de l’expérience quotidienne du temps et de la forme. L’artiste transmet l’émotion de l’instant présent, le sensible, la perception, l’appréciation de la vie quotidienne.
Pour Hyun Joo, peinture et gravure sont « un journal intime », un terrain de rencontre avec ses pensées intérieures qu’elle tente de comprendre à travers un geste spontané sur la toile. L’exaltation de la forme géométrique est ainsi au coeur de son oeuvre. L’artiste nous invite à explorer une dualité des émotions en jouant avec des couleurs chaudes et froides, des lignes et des points qui se rencontrent mais ne se confondent jamais.
Aussi bien à travers la peinture, que la gravure, les formes structurées de Hyun Joo se promènent librement sur la toile. Entre dynamisme des tracés et sérénité des couleurs, les lignes de Hyun Joo semblent danser, s’échapper de la toile comme des notes de musique en quête d’ailleurs. L’artiste instaure un langage entre ses oeuvres et le spectateur, et non sans une certaine poésie, elle nous ouvre la voie vers l’apaisement à travers l’omniprésence du bleu. Comme des gouttes d’eau silencieuses, ces touches de bleu viennent côtoyer en multi-position des bouquets de couleurs vibrantes. L’artiste exprime dans sa peinture un rapport intime à la couleur, où chaque nuance est une invitation à l’exploration de soi. Hyun Joo sait faire coexister avec harmonie des émotions contradictoires, mélanger les langages dans des toiles en quête de liberté et d’exploration, avant tout personnelle.
Les artistes de l’association SONAMU rendent hommage à KIM Tschang Yeul
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Il y a 30 ans, le 11 juin 1992, avait lieu la première exposition « Portraits d’artistes » de l’association SONAMU. C’est en 1991 que 25 artistes coréens venus s’installer à Paris fondent cette association qui compte aujourd’hui cinquante-cinq membres. Depuis s’organise chaque années plusieurs expositions afin de partager les œuvres de ces artistes auprès du public français et coréen. Cette année c’est en l’honneur du peintre KIM Tschang Yeul que ces cinquante-cinq artistes présentent ensemble lors de 2 expositions leurs œuvres inédites.
Peintre de l’hyperréalisme Tschang Yeul a consacré 50 ans de sa vie à célébrer la goutte d’eau dans une quête obsessionnelle de la pureté. Traumatisé par la guerre de Corée, l’artiste part quelques années plus tard étudier à New York puis s’installe à Paris où il y vit pendant près de 40 ans. Tschang Yeul est une référence dans l’expansion de l’art informel en Corée et l’un des premiers artistes coréens à être exposé à Paris, notamment lors de la Biennale de Paris en 1961. En 1972 au Salon de Mai, Tschang Yeul montre pour la première fois l’évènement de la nuit (1972), le premier tableau d’une longue série de ses célèbres gouttes d’eau. ». La toile de l’artiste est devenue le symbole emblématique d’une simplicité trompeuse. Les gouttes d’eau représentent l’expérience de l’émotion, de l’éphémérité, de la méditation. L’eau reflète le monde et ses couleurs à travers sa transparence et sa pureté. Mais parce qu’elle est aussi mystérieuse, presque insaisissable, elle est un terrain d’interprétation sans fin pour les artistes.
C’est donc en hommage à ce grand peintre que l’association SONAMU organise du 18 au 29 octobre les expositions « L’évènement de la nuit » et « noir et couleurs ». Tschang Yeul maîtrise à la perfection l’équilibre entre ses racines orientales et son attachement à l’occident.
C’est de ce point de départ, où chaque artiste s’épanouit pleinement entre deux pays que sont la Corée et la France, que l’exposition s’établit. Chacun d’eux fait le pont entre deux cultures que tout semble opposer. Les artistes SONAMU se retrouvent dans leur pratique artistique à travers bien des traits communs ; l’exposition accueille beaucoup de peintures, quelques sculptures et installations mais c’est avant tout la sobriété, la pureté et bien évidemment l’attachement aux traditions coréennes qui se dégage de leurs œuvres.
Dans l’exposition « Noir et couleurs » sous le commissariat de Pierre Cambon, historien d’art spécialiste de la Corée, on retrouve les œuvres de 8 artistes coréens de l’association dans une rencontre autour de la couleur. Le noir, symbole volontiers d’élégance et de sobriété vient dialoguer avec l’énergie des couleurs si bien maitrisée par les artistes coréens. Les compositions sobres et épurées s’opposent aux toiles lumineuses d’où jaillissent une énergie presque vitale. L’absence d’image et de figuratif dans cette exposition nous renvoie à une idée collective, encore très présente chez les artistes contemporains coréens, de la recherche de son soi intérieur. Il n’est pas question de discours mais de ressenti, de rencontre avec l’émotion de l’instant présent.
Lisa Lebel