Les artistes de l’association SONAMU rendent hommage à KIM Tschang Yeul
Il y a 30 ans, le 11 juin 1992, avait lieu la première exposition « Portraits d’artistes » de l’association SONAMU. C’est en 1991 que 25 artistes coréens venus s’installer à Paris fondent cette association qui compte aujourd’hui cinquante-cinq membres. Depuis s’organise chaque années plusieurs expositions afin de partager les œuvres de ces artistes auprès du public français et coréen. Cette année c’est en l’honneur du peintre KIM Tschang Yeul que ces cinquante-cinq artistes présentent ensemble lors de 2 expositions leurs œuvres inédites.
Peintre de l’hyperréalisme Tschang Yeul a consacré 50 ans de sa vie à célébrer la goutte d’eau dans une quête obsessionnelle de la pureté. Traumatisé par la guerre de Corée, l’artiste part quelques années plus tard étudier à New York puis s’installe à Paris où il y vit pendant près de 40 ans. Tschang Yeul est une référence dans l’expansion de l’art informel en Corée et l’un des premiers artistes coréens à être exposé à Paris, notamment lors de la Biennale de Paris en 1961. En 1972 au Salon de Mai, Tschang Yeul montre pour la première fois l’évènement de la nuit (1972), le premier tableau d’une longue série de ses célèbres gouttes d’eau. ». La toile de l’artiste est devenue le symbole emblématique d’une simplicité trompeuse. Les gouttes d’eau représentent l’expérience de l’émotion, de l’éphémérité, de la méditation. L’eau reflète le monde et ses couleurs à travers sa transparence et sa pureté. Mais parce qu’elle est aussi mystérieuse, presque insaisissable, elle est un terrain d’interprétation sans fin pour les artistes.
C’est donc en hommage à ce grand peintre que l’association SONAMU organise du 18 au 29 octobre les expositions « L’évènement de la nuit » et « noir et couleurs ». Tschang Yeul maîtrise à la perfection l’équilibre entre ses racines orientales et son attachement à l’occident.
C’est de ce point de départ, où chaque artiste s’épanouit pleinement entre deux pays que sont la Corée et la France, que l’exposition s’établit. Chacun d’eux fait le pont entre deux cultures que tout semble opposer. Les artistes SONAMU se retrouvent dans leur pratique artistique à travers bien des traits communs ; l’exposition accueille beaucoup de peintures, quelques sculptures et installations mais c’est avant tout la sobriété, la pureté et bien évidemment l’attachement aux traditions coréennes qui se dégage de leurs œuvres.
Dans l’exposition « Noir et couleurs » sous le commissariat de Pierre Cambon, historien d’art spécialiste de la Corée, on retrouve les œuvres de 8 artistes coréens de l’association dans une rencontre autour de la couleur. Le noir, symbole volontiers d’élégance et de sobriété vient dialoguer avec l’énergie des couleurs si bien maitrisée par les artistes coréens. Les compositions sobres et épurées s’opposent aux toiles lumineuses d’où jaillissent une énergie presque vitale. L’absence d’image et de figuratif dans cette exposition nous renvoie à une idée collective, encore très présente chez les artistes contemporains coréens, de la recherche de son soi intérieur. Il n’est pas question de discours mais de ressenti, de rencontre avec l’émotion de l’instant présent.
Lisa Lebel